1949 - ANTHOGYR FABRIQUE TOUT, SAUF LE FAUTEUIL 


« L’industrie haut-savoyarde au service de la santé. Les appareils dentaires automatiques de Sallanches », La Résistance savoisienne, n° 220, 22 avril 1949

Deux ans après sa création officielle, Anthogyr fabrique, en plus des commandes traditionnelles relevant de la sous-traitance, une large gamme d’accessoires et d’instruments dentaires, vendus à une clientèle de chirurgiens praticiens et de laboratoires de prothèses via des réseaux de distributeurs spécialisés. À l’usine de Sallanches, « immeuble tout blanc, à toit rouge, presque au milieu des champs2», les machines tournent à plein régime pour soutenir le rythme, effréné, de la production.

Dans l’atelier dédié au décolletage, tournage, fraisage et filetage, qui occupe à lui seul tout le rez-de-chaussée, une douzaine de tours à décolleter, huit rectifieuses, une fraiseuse à cycle automatique et une fileteuse transforment, heure après heure, des barres de métal venues des fours d’Ugine et de Pont-de-Chéruy en une multitude de pièces à assembler, destinées pour partie à des commanditaires extérieurs, et pour autre partie aux produits dentaires du catalogue “maison”.


Les salons dentaires constituent un temps fort de l’activité commerciale d’Anthogyr. Sur cette photo prise en 1948 au salon ADF de Paris, on distingue la variété des pièces à main et la présence de moteurs à corde.

Cette seconde étape est prise en charge par l’atelier de montage, où les ouvriers procèdent également aux finitions des contre-angles, porte-amalgames, seringues anesthésiques et autres pièces à main commercialisées sous la marque Anthogyr. Pendant un temps, l’entreprise livre même ses produits à d’anciens concurrents, en Allemagne et en Autriche ! Confrontés à des difficultés économiques importantes, bon nombre d’industriels de ces pays se voient en effet amputés, dans le cadre des réparations de guerre, d’une part non négligeable de leur outil de travail au profit des Alliés.

"Une douzaine de tours à décolleter, huit rectifieuses, une fraiseuse à cycle automatique et une fileteuse transforment des barres de métal en une multitude de pièces à assembler"

À partir de janvier 1947, les établissements Anthoine Émile et Fils obtiennent ainsi, par le biais de la chambre syndicale des fabricants de matériels et produits pour l’art dentaire, plusieurs tours Index venus enrichir et moderniser le parc de machines existant. Anthogyr bénéficie de cet apport pour soutenir le développement de son activité dentaire, puis, plus tard en 1949, pour la relance du décolletage en sous-traitance. L’année suivante est en outre marquée par le dépôt d’un brevet – premier d’une longue série – pour une pièce à main motorisée à corde.

2 « L’industrie haut-savoyarde au service de la santé. Les appareils dentaires automatiques de Sallanches », La Résistance savoisienne, n° 220, 22 avril 1949.